to be or not to be

prendre le temps de faire une pause et méditer

 

Histoire du jour

JOSEPH, fils de Jacob.

Les rêves de Joseph 

Joseph était un adolescent de dix-sept ans. Il gardait les moutons et les chèvres en compagnie de ses demi-frères. Jacob aimait Joseph plus que ses autres fils, car il l’avait eu dans sa vieillesse. Il lui avait donné une tunique de luxe. Les frères de Joseph virent que leur père le préférait à eux tous. Ils en vinrent à le détester tellement qu’ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité. Une fois, Joseph fit un rêve. il le raconta à ses frères, qui le détestèrent encore davantage.- »Ecoutez mon rêve, leur dit-il. Nous étions tous à la moisson, en train de lier des gerbes de blé. Soudain ma gerbe se dressa et resta debout; toutes vos gerbes vinrent alors l’entourer et s’incliner devant elle.- est-ce que tu prétendrais devenir notre roi et dominer sur nous ? » lui demandèrent ses frères.Ils le détestèrent davantage, à cause de ses rêves et des récits qu’il en faisait.

Joseph fit un autre rêve et le raconta également à ses frères.

- »J’ai de nouveau rêvé, dit-il, le soleil, la lune et onze étoiles venaient s’incliner devant moi. »

Il raconta aussi ce rêve  son père. Celui-ci le réprimanda :

- »Qu’as-tu rêvé là ? lui demanda-t-il. Devrons-nous, tes frères (onze), ta mère et moi-même, venir nous incliner jusqu’ terre devant toi ? « 

Ses frères étaient jaloux de lui, mais son père repensait souvent à ces rêves.

Joseph  est vendu par ses frères

Les frères de Joseph se rendirent dans la région de Sichem, pour y faire paître les moutons et les chèvres de leur père. Un jour Jacob dit à Joseph :

- »Tes frères gardent le troupeau près de Sichem. Va les trouver de ma part.

- Oui, père, répondit Joseph.

-Va voir s’ils vont bien, ainsi que le troupeau, reprit Jacob. Puis tu m’en rapporteras des nouvelles. »

Jacob l’envoya donc depuis la vallée d’Hébron. Quand Joseph arriva près de Sichem, un homme le rencontra tandis qu’il errait dans la campagne; il l’interrogea :

- »Que cherches-tu ?

- Je cherche mes frères, répondit Joseph. Peux-tu me dire où ils sont avec leur troupeau ?

- Ils sont partis d’ici, déclara l’homme. Je les ai entendus dire qu’ils allaient du côté de Dotan. »

Joseph partit à la recherche de ses frères et les trouva à Dotan. Ceux-ci le virent de loin. Avant qu’il les ait rejoints, ils complotèrent de le faire mourir.

- »Hé ! Voici l’homme aux rêves ! se dirent-ils les uns aux autres. Profitons-en pour le tuer. Nous jetterons son cadavre dans une citerne et nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré. On verra bien alors si ses rêves se réalisent. »

Ruben (l’aîné) les entendit et décida de sauver Joseph.

- »Ne le tuons pas ! » dit-il. Puis il ajouta : « Ne commettez pas un meurtre; jetez-le simplement dans cette citerne du désert, mais ne le tuez pas. »

Il leur parlait ainsi afin de pouvoir le sauver et le ramener à son père.

Dès que Joseph arriva près de ses frères, ils se saisirent de lui, le dépouillèrent de sa belle tunique et le jetèrent dans la citerne _ Cette citerne était à sec, complètement vide _ . Puis ils s’assirent pour manger. Ils virent passer une caravane d’Ismaélites, qui venaient du pays de Galaad et se dirigeaient vers l’Egypte. Leurs chameaux transportaient diverses résines odoriférantes : gomme adragante, baume et ladanum. Juda dit à ses frères :

- »Quel intérêt avons-nous à tuer notre frère et à cacher sa mort ? Vendons-le plutôt à ces Ismaélites, mais ne touchons pas à sa vie. Malgré tout, il est de notre famille, il est notre frère. »

Ils donnèrent leur accord.

Des marchands Madianites, qui passaient par là, tirèrent Joseph de la citerne. Ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites, qui l’emmenèrent en Egypte. Lorsque Ruben alla regarder dans la citerne, Joseph n’y était plus. Ruben, désespéré, déchira ses vêtements, revint vers ses frères et s’écria :

- »Joseph n’est plus là ! Que vais-je faire maintenant ? »

Les frères égorgèrent un bouc, prirent la tunique de Joseph et la trempèrent dans le sang. Ensuite ils l’envoyèrent à leur père avec ce message : « Nous avons trouvé ceci. Examine donc si ce n’est pas la tunique de ton fils. »

Jacob la reconnut et s’écria :

- »C’est bien la tunique de mon fils ! Une bête féroce a déchiqueté Joseph et l’a dévoré. »

Alors il déchira ses vêtements, prit la tenue de deuil et pleura son fils pendant longtemps. Tous ses enfants tentèrent de le réconforter, mais il refusa de se laisser consoler; il disait : « Je serai encore en deuil quand je rejondrai mon fils dans le monde des morts. » Et il continua de pleurer.

Les Madianites emmenèrent Joseph en Egypte et le vendirent à Potifar, homme de confiance du Pharaon et chef de la garde royale.

Joseph chez l’Egyptien PotifarLes ismaélites qui avaient emmené Joseph en Egypte le vendirent à un Egyptien nommé Potifar. Ce Potifar était l’homme de confiance du Pharaon et le chef de la garde royale. Le Seigneur était avec Joseph, si bien que tout lui réussissait. Joseph vint habiter la maison même de son maître égyptien. Celui-ci se rendit compte que le Seigneur était avec Joseph et faisait réussir tout ce qu’il entreprenait. Potifar fut si content de lui qu’il le prit à son service particulier; il lui confia l’administration de sa maison et de tous ses biens. Dès lors, à cause de Joseph, le Seigneur fit prospérer les affaires de l’Egyptien; cette prospérité s’étendit à tous ses biens, dans sa maison comme dans ses champs. C’est pourquoi Potifar rermit tout ce qu’il possédait aux soins de Joseph et ne s’occupa plus de rien, excepté de sa propre nourriture.Joseph et la femme de son maîtreJoseph était un jeune homme beau et charmant. Au bout de quelque temps, la femme de son maître le remarqua et lui dit :« Viens au lit avec moi !

- Jamais, répondit Joseph. Mon maître m’a remis l’administration de tous ses biens, il me fait confiance et ne s’occupe de rien dans sa maison. Dans la maison, il n’a pas plus d’autorité que moi. Il ne m’interdit rien, sauf toi, parce que tu es sa femme. Alors comment pourrais-je commettre un acte aussi abominable et pécher contre Dieu lui-même ? »

Elle continuait quand même à lui faire tous les jours des avances, mais il n’accepta jamais de lui céder.

Un jour, Joseph entra dans la maison pour son travail; les domestiques étaient absents. La femme de Potifar le saisit par sa tunique en lui disant :

« Viens donc au lit avec moi ! »

Mais Joseph lui laissa sa tunique entre les mains et s’enfuit de la maison.

Lorsque la femme se rendit compte qu’il était parti en lui laissant sa tunique entre les mains, elle cria pour appeler ses domestiques :

« Venez voir : cet Hébreu que mon mari nous a amené a voulu se jouer de nous ! Il est venu ici pour abuser de moi, mais j’ai poussé un grand cri. Dès qu’il m’a entendue crier et appeler, il s’est enfui de la maison, en abandonnant sa tunique à côté de moi. »

Elle garda la tunique de Joseph près d’elle jusqu’au retour de son mari. Elle lui raconta la même histoire :

« L’esclave hébreu que tu nous as amené s’est approché de moi pour me déshonorer. mais dès que j’ai crié et appelé, il s’est enfui en abandonnant sa tunique à côté de moi. »

Losque le maître entendit sa femme lui raconter comment Joseph s’était conduit avec elle, il se mit en colère. Il fit arrêter et enfermer Joseph dans la forteresse, où étaient détenus les prisonniers du roi.

 Joseph en prison

Joseph se retrouve donc en prison. Pourtant, là aussi, le Seigneur fut avec lui et lui montra sa bonté en lui obtenant la faveur du commandant de la forteresse. Celui-ci confia à Joseph la responsabilité de tous les autres prisonniers. C’était lui qui devait diriger tous les travaux effectués par les détenus. Le commandant ne s’occupait plus de ce qu’il lui avait confié, parce que le Seigneur était avec Joseph et faisait réussir tout ce qu’il entreprenait.

Le temps passa. Un jour deux hauts fonctionnaires du roi d’Egypte commirent une faute contre lui. C’étaient le chef des échansons, respônsable des boissons du roi, et le chef des boulangers. Le Pharaon se mit en colère et les fit enfermet dans la forteresse, la prison du chef de la garde royale, là même où Joseph était détenu. Le chef de la garde les confia aux sopins de Joseph, et ils furent maintenus quelques temps en prison.

Joseph interprète les rêves des deux prisonniers

Une nuit, l’échanson et le boulanger du roi d’Egypte firent tous deux un rêve dans leur prison. Chacun de ces rêves avait son propre sens. Le matin, quand Joseph vint les voir, il les trouva d’humeur sombre. Il leur demanda :

« Pourquoi avez-vous l’air si triste aujourd’hui ?

- Chacun de nous a fait un rêve, répondirent-ils, et il n’y a personne ici pour nous en donner l’explication.

- Dieu peut vous la donner, déclara Joseph. Racontez-moi donc ce que vous avez rêvé. »

Le chef des échansons raconta son rêve : « Dans mon rêve, dit-il, il y avait un plant de vigne devant moi. Ce plant portait trois branches. Dès qu’il eut bourgeonné, il se couvrit de fleurs, puis de grappes mûres. J’avais en main la coupe du Pharaon. Je cueillis alors des raisins, j’en pressai le jus dans la coupe et je la lui tendis. »

« Voici ce que signifie ton rêve, dit Joseph : Les trois branches représentent trois jours. Dans trois jours, le Pharaon t’offrira une haute situation : il te rétablira dans tes fonctions. Tu pourras de nouveau lui tendre la coupe, comme tu le faisais précédemment. Essaie de ne pas m’oublier, quand tout ira bien pour toi; sois assez bon pour parler de moi au Pharaon, et me faire sortir de cette prison. j’ai été amené de force du pays des Hébreux, et ici je n’ai rien fait qui mérite la prison. »

Lorsque le chef des boulangers vit que Joseph avait donné une interprétation favorable du rêve, il lui dit : « Moi aussi j’ai fait un rêve. Dans ce rêve, je portais sur la tête trois corbeilles de gâteaux. La corbeille supérieure était pleine des pâtisseries préférées du Pharaon, mais des oiseaux venaient les picorer dans la corbeille, sur ma tête. »

« Voici ce que signifie ton rêve, dit Joseph : les trois corbeilles représentent trois jours. Dans trois jours le Pharaon t’offrira une haute situation, plus haute que tu ne voudrais : on te pendra à un arbre, et les oiseaux viendront picorer ta chair. »

Trois jours après, le Pharaon fêtait son anniversaire; il offrit un banquet à tous ses ministres. En leur présence, il offrit de hautes situations au chef des échansons et au chef des boulangers : il rétablit le premier dans ses fonctions, pour qu’il lui tende de nouveau la coupe, mais il ft pendre le second. Ainsi s’accomplit ce que Joseph avait annoncé. Pourtant le chef des échansons oublia tout à fait Joseph.

Les rêves du Pharaon

Deux ans plus tard, le Pharaon fit un rêve : il se trouvait au bord du Nil, il vit sortir du fleuve sept belles vaches bien grasses, qui se mirent à brouter l’herbe de la rive. Puis sept autres vaches affreusement maigres sortirent à leur tour du fleuve et rejoignirent les premières sur la rive; les vaches maigres dévorèrent les vaches grasses. A ce moment, le Pharaon se réveilla.

Il se rendormit et fit un second rêve : il voyait sept beaux et gros épis de blé qui poussaient sur la même tige. Ensuite poussèrent sept autres épis, tout rabougris et desséchés par le vent du désert. Les épis rabougris engloutirent les épis beaux et bien remplis. Alors le Pharaon se réveilla et se rendit compte qu’il avait rêvé.

Dès qu’il fit jour, le Pharaon tout inquiet fit appeler tous les magiciens et les sages d’Egypte. Il leur raconta ses rêves, mais personne ne put lui dire ce qu’ils signifiaient. Alors le chef des échansons déclara :

« Majesté, je vais rappeler mes fautes passées. Un jour, vous vous étiez mis en colère contre le chef des boulangers et contre moi, et vous nous aviez enfermés dans la prison du chef de la garde royale. Nous avons fait tous les deux un rêve la même nuit, chaque rêve ayant son propre sens. Dans la prison se trouvait avec nous un jeune esclave hébreu, qui était au service du chef de la garde. Nous lui avons raconté nos rêves, et il nous en a donné le sens, en expliquant à chacun son propre rêve. Eh bien, les choses se sont passées exactement comme il nous l’avait prédit : on m’a rétabli dans mes fonctions, et le chef des boulangers a été pendu. »

Joseph interprète les rêves du Pharaon

Le Pharaon donna l’ordre d’aller chercher Joseph. On courut donc le tirer de sa prison, on le rasa, puis il changea de vêtements et vint se présenter devant le roi. Celui-ci lui dit : « J’ai fait des rêves, et personne n’a pu m’indiquer ce qu’ils signifiaient. Mais j’ai entendu dire que tu es capable d’expliquer les rêves qu’on te raconte.

- Ce n’est pas moi, c’est Dieu qui peut vous en donner une explication satisfaisante », répondit Joseph.

Le Pharaon reprit alors : « Dans mon rêve, je me trouvais au bord du Nil. Je vis sortir du fleuve sept belles vaches bien grasses qui se mirent à brouter l’herbe de la rive. Puis sept autres vaches, chétives, affreusement maigres, sortirent du fleuve à leur tour. -Je n’ai jamais vu en Egypte de bêtes en aussi mauvais état. Elles dévorèrent les sept premières vaches, les vaches grasses. Pourtant on ne l’aurait pas cru, à les voir aussi maigres qu’auparavant. A ce moment-là, je me suis réveillé. Puis j’ai fait un autre rêve : je voyais sept beaux épis bien remplis, qui poussaient sur la même tige. Ensuite sept autres épis poussèrent, mais ils étaient durs et rabougris, desséchés par le vent du désert. Les épis rabougris engloutirent les sept beaux épis. Voilà, j’ai déjà raconté ces rêves aux magiciens, mais aucun d’eux n’a pu me les expliquer. »

Joseph dit au Pharaon : « Vos deux rêves ont le même sens. Dieu vous avertit ainsi de ce qu’il va faire. Les sept belles vaches et les sept beaux épis représentent sept années. C’est donc un seul rêve. Les sept autres vaches, chétives et affreuses, et les sept épis vides, desséchés par le vent, représentent aussi sept années, mais des années de famine. C’est bien ce que je vous disais, Majesté : Dieu vous a montré ce qu’il va faire. Ces sept prochaines années seront des années de grande abondance dans toute l’Egypte. Ensuite, il y aura sept années de famine, qui feront perdre tout souvenir de l’abondance précédente. La famine épuisera le pays. Elle sera si grave qu’on ne saura plus ce qu’est l’abondance. Votre rêve s’est répété sous deux formes semblables, pour montrer que la décision de Dieu est définitive et qu’il ne va pas tarder à l’exécuter. Maintenant donc, Majesté, cherchez un homme intelligent et sage, et donnez-lui autorité sur l’Egypte. Nommez aussi des commissaires chargés de prélever un cinquième des récoltes du pays pendant les sept années d’abondance. Qu’ils accumulent des vivres pendant les bonnes années qui viennent, qu’ils emmagasinent sous votre contrôle du blé dans les villes, pour en faire des réserves. L’Egypte aura ainsi un stock de vivres pour les sept années de famine, et le pays échappera au désastre. »

Joseph devient ministre du Pharaon

La proposition de Joseph parut judicieuse au Pharaon et à ses ministres, et le Pharaon leur dit :

« Cet homme est rempli de l’Esprit de Dieu. Pourrions-nous trouver quelqu’un de plus compétent que lui ? »

Puis, il dit à Joseph : « Puisque Dieu t’a révélé tout cela, personne ne peut être aussi intelligent et sage que toi. Tu seras donc l’administrateur de mon royaume, et tout mon peuple se soumettra à tes ordres. Seul mon titre de roi me rendra supérieur à toi. Je te donne maintenant autorité sur toute l’Egypte. »

Le Pharaon retira de son doigt l’anneau royal et le passa au doigt de Joseph; il le fit habiller de fins vêtements de lin et lui passa un collier d’or autour du cou. Il le fit monter sur le char réservé à son plus proche collaborateur, et les coureurs qui le précédaient criaient : « Laissez passer ». C’est ainsi que le Pharaon lui donna autorité sur toute l’Egypte.

Le Pharaon dit encore à Joseph : « Je suis et je reste le Pharaon ! Néanmoins dans toute l’Egypte, personne ne bougera le petit doigt sans ton autorisation. »

Enfin il donna à Joseph le nom égyptien de Safnat-Panéa, et lui accorda comme femme Asnat, fille du prêtre Potiféra, de la ville d’On. Dès lors Joseph put se déplacer dans toute l’Egypte. Il avait trente ans lorsqu’il fut amené devant le Pharaon, roi d’Egypte. Joseph quitta le Pharaon et se mit à parcourir l’Egypte. Pendant les sept années d’abondance, la terre produisit des récoltes exceptionnelles. Joseph accumula des réserves de vivres en Egypte durant ces années-là. Il entreposait dans les villes les provisions récoltées dans les campagnes environnantes. Il emmagasina de très grandes quantités de blé; il y en avait autant que de sable au bord de la mer, si bien qu’il devint impossible d’en tenir le compte.Avant le début de la famine, Asnat, la femme de Joseph, mit au monde deux fils. Joseph appela l’aîné Manassé, et il déclara : « Dieu m’a permis d’oublier toutes mes souffrances et ma séparation d’avec les miens ». Il appela le cadet Efraïm, et il expliqua : « Dieu m’a accordé des enfants dans ce pays où j’ai été si malheureux. »En Egypte les sept années d’abondance prirent fin. Alors commencèrent les sept années de famine, comme Joseph l’avait annoncé. La famine s’étendit à tous les pays, mais en Egypte, il y avait des réserves de vivres. Quand les Egyptiens commencèrent à souffrir de la faim, ils réclamèrent au Pharaon de quoi manger. Celui-ci répondit à l’ensemble de la population : « Adressez-vous à Joseph et faites ce qu’il vous dira. » La famine devint générale dans le pays. Joseph fit alors ouvrir les entrepôts et vendre du blé aux Egyptiens. Puis la famine s’aggrava encore en Egypte. On y venait aussi de tous les pays pour acheter du blé à Joseph, car la famine sévissait durement partout.Jacob envoie ses fils en Egypte

Jacob apprit qu’il y avait du blé en Egypte; il dit alors à ses fils :

« Pourquoi restez-vous là à regarder les uns les autres ? J’ai entendu dire qu’il y a du blé en Egypte. Allez nous en acheter, afin que nous puissions survivre. Nous ne tenons pas à mourir. »

Alors les dix frères aînés de Joseph se rendirent en Egypte pour y acheter du blé. (Jacob n’avait pas laissé partir avec Benjamin, le jeune frère de Joseph; il disait en effet : « J’ai peur qu’un malheur lui arrive. ») Les fils de Jacob parvinrent en Egypte en même temps que d’autres acheteurs de blé, car la famine régnait dans le pays de Canaan.

Joseph traite ses frères sans ménagement

Joseph était l’administrateur du pays; c’est lui qui vendait le blé à tous les étrangers. Ses frères vinrent s’incliner devant lui, le visage contre terre. Il les vit et les reconnut, mais sans se faire reconnaître d’eux. Il leur parla durement : « D’où venez-vous ? » leur demanda-t-il.

- Du pays de Canaan, répondirent-ils. Nous désirons acheter des vivres. »

Ainsi Joseph les reconnut, mais eux ne le reconnurent pas. Joseph se souvint alors des rêves qu’il avait faits à leur sujet. Il reprit :

« Vous êtes des espions ! C’est pour repérer les points faibles du pays que vous êtes venus ici.

- « Non, Monsieur l’Administrateur, répondirent-ils. Nous sommes simplement venus acheter des vivres. Nous sommes tous fils d’un même homme. Nous sommes des gens honnêtes, pas des espions.

- ce n’est pas vrai, rétorqua Joseph,  vous êtes venus repérer les points faibles du pays.

- Pas du tout, insistèrent-ils. Nous sommes fils d’un même père, et nous venons du pays de Canaan. Nous étions douze frères, mais le plus jeune est resté auprès de notre père, et un autre a disparu.

- C’est bien ce que je vous disais, déclara Joseph, vous êtes des espions. Mais je vais vous mettre à l’épreuve : par la vie du Pharaon, je vous jure que vous ne quitterez pas ce pays avant que votre plus jeune frère soit venu ici. Envoyez l’un de vous le chercher, tandis que les autres resteront en prison. Je pourrai ainsi vérifier si vous m’avez dit la vérité. Si tel n’est pas le cas, par la vie du Pharaon, c’est que vous êtes vraiment des espions.

Joseph les mit tous en prison pour trois jours. Le troisième jour il leur dit : « Voici ce que je vous propose de faire, et vous aurez la vie sauve, car je reconnais l’autorité de Dieu. Si vous êtes honnêtes, acceptez que l’un de vous reste dans la prison où vous vous trouvez. Quant aux autres, qu’il aillent rapporter du blé à vos familles affamées. Ensuite vous me ramènerez votre plus jeune frère. J’aurai ainsi la preuve que vous avez dit la vérité, et vous éviterez la mort. »

Les frères acceptèrent cette proposition. mais, entre eux, ils se disaient : « Ah ! nous sommes bien punis à cause de notre frère : nous avons vu son angoisse quand il nous demandait d’avoir pitié de lui, et nous ne l’avons pas écouté. Maintenant nous connaissons la même angoisse. » Et Ruben ajouta : « Je vous l’avais bien dit : « Ne commettez pas ce crime à l’égard de Joseph. » Mais vous n’avez pas voulu m’écouter. Eh bien, nous devons maintenant payer le prix de sa mort! »

Les frères ne se doutaient pas que Joseph les comprenait, parce qu’il se servait d’un interprète pour parler avec eux. Joseph s’éloigna d’eux pour pleurer.

Les fils de Jacob retournent en Canaan

 Lorsque Joseph revint, il leur annonça qu’il retenait Siméon et le fit enchaîner sous leurs yeux. Ensuite il fit remplir leurs sacs de blé, et replacer l’argent de chacun dans son sac, puis il ordonna de leur fournir des provisions de voyage; ce qui fut fait. Les frères chargèrent leurs sacs de blé sur leurs ânes et s’en allèrent.

Lorsqu’ils s’arrétèrent pour la nuit, l’un d’eux ouvrit son sac pour donner à manger à son âne et trouva son argent déposé à l’entrée du sac. Il cria à ses frères :

« On m’a rendu mon argent ! Il est ici, dans mon sac ! »

Déconcertés et effrayés ils se demandaient l’un à l’autre : « Qu’est-ce que Dieu nous a fait là ? »

Lorsqu’ils arrivèrent en Canaan auprès de leur père Jacob, ils lui racontèrent tout ce qui s’était passé : « L’homme qui est gouverneur du pays nous a parlé durement, dirent-ils. Il nous a traités comme des espions. Nous lui avons répondu : « Nous ne sommes pas des espions, mais d’honnêtes gens. Nous étions douze fils d’un même père, mais l’un de nos frères a disparu, et le plus jeune est resté au pays de Canaan avec notre père. » Cet homme nous a répondu qu’il voulait savoir si nous étions vraiment honnêtes. « Laissez-moi l’un de vous ici, a-t-il dit, et allez porter du blé à vos familles affamées. Ensuite vous me ramènerez votre plus jeune frère. Je saurai ainsi que vous n’êtes pas des espions mais d’honnêtes gens. Alors je vous rendrai votre frère Siméon, et je vous laisserai circuler dans le pays pour vos affaires. »

Ils vidèrent ensuite leurs sacs, et chacun trouva dans le sien une bourse avec son argent. Lorsqu’ils virent cet argent, ils eurent tous peur, même Jacob, leur père. Celui-ci leur dit :

« Vous m’avez déjà privé de deux enfants : je n’ai plus Joseph et je n’ai plus Siméon. Et vous voudriez me prendre Benjamin ! C’est sur moi que tout cela retombe ! »

Ruben lui dit :

« Si je ne te ramène pas Benjamin, tu pourras tuer mes deux fils. Confie-le moi, je te le ramènerai.

- Non, répondit Jacob, mon fils ne partira pas avec vopus. Son frère est mort, lui seul me reste. Si un malheur lui arrivait au cours de votre voyage, âgé comme je suis, je mourrais de douleur par votre faute. »

Jacob consent à laisser partir Benjamin

 La famine continuait à peser sur le pays de Canaan. Lorsque la famille de Jacob eut mangé tout le blé rapporté d’Egypte, Jacob dit à ses fils :

« Repartez là-bas nous acheter quelques vivres. »

Juda lui répondit :

« L’administrateur égyptien nous a clairement avertis qu’il ne nous recevrait pas si notre frère n’était pas avec nous. Si donc tu laisses Benjamin nous accompagner, nous irons t’acheter des vivres. Mais si tu refuses, nous ne partirons pas, car l’homme nous a bien dit : « Si votre frère n’est pas avec vous, je ne vous recevrai pas ! »

- Pourquoi avez-vous révélé à cet homme que vous aviez un autre frère ? reprit Jacob. Vous m’avez fait du tort.

- C’est lui qui nous a posé de nombreuses questions sur nous et notre famille, répondirent-ils. « Votre père est-il encore en vie ? a-t-il demandé. Avez-vous un autre frère ? » Nous avons seulement répondu à ses questions. Nous ne pouvions pas deviner qu’il nous dirait d’amener notre frère. »

Juda ajouta :

« Père, laisse Benjamin venir avec moi. Il faut que nous partions, si nous voulons survivre, toi, nous et nos familles. Nous ne tenons pas à mourir. Je me déclare responsable de lui; tu pourras me le réclamer. Si je ne te le ramène pas, je serai pour toujours coupable à ton égard. Et maintenant, si nous n’avions pas tellement tardé, nous aurions pu faire deux voyages le voyage aller et retour.

- eh bien, leur répondit Jacob, puisqu’il le faut, faites donc ceci : emportez dans votre sac quelques bons produits de notre pays, pour en faire cadeau à cet Egyptien. prenez un peu de résines odoriférantes : baume, gomme adragante, ladanum, un peu de miel, des pistaches et des amandes. Rapportez l’argent que vous avez trouvé en ouvrant vos sacs – quelqu’un a sans doute fait une erreur – et prenez avec vous une seconde somme d’argent. Maintenant emmenez votre frère et repartez chez cet homme. Que le Dieu tout puissant le dispose à avoir pitié de vous et à laisser Benjamin et Siméon revenir avec vous ! Quant à moi, j’ai déjà perdu un fils set je vais en perdre d’autres. »

Seconde entrevue des frères avec Joseph Les frères préparèrent les cadeaux et la double somme d’argent. Ils se rendirent avec Benjamin en Egypte et vinrent se présenter devant Joseph. Lorsque Joseph vit que Benjamin était avec eux, il dit à son intendant : « Conduis ces gens chez moi. Fais abattre une bête et préparer le repas. Ils mangeront à midi avec moi. »L’homme exécuta les ordres de Joseph et conduisit ces hommes chez son maître. Lorsqu’on les invita à entrer, ils furent pris de peur. Ils se disaient :

« C’est à cause de l’argent remis dans nos sacs lors du premier voyage. On nous a fait entrer ici pour nous tomber dessus et nous maltraiter, on va prendre nos ânes et faire de nous des esclaves. »

Au moment d’entrer ils s’approchèrent de l’intendant et lui dirent :

« Pardon, Monsieur l’Intendant, nous sommes déjà venus une première fois pour acheter des vivres. Au retour, lorsque nous nous sommes arrêtés pour la nuit et que nous avons ouvert  nos sacs, chacun de nous a retrouvé l’argent à l’entrée de son sac, exactement la somme que nous avions payée. Mais nous l’avons rapportée maintenant, et nous avons amené une autre somme d’argent pour acheter d’autres vivres. Nous ignorons qui avit remis l’argent dans nos sacs.

-Soyez tranquilles, ne vous inquiétez de rien, répondit l’homme. C’est votre Dieu, le Dieu de votre père, qui a déposé un trésor dans vos sacs. Quant à votre argent, je l’ai encaissé. »

L’intendant libéra Siméon et fit entrer tous les frères chez Joseph. On leur apporta de l’eau pour se laver les pieds et on donna du fourrage à leurs ânes<; ils préparèrent les cadeaux, en attendant l'arrivée de Joseph à midi. ils avaient appris en effet qu'ils mangeraient là avec lui. Dès que Joseph entra chez lui, ils lui offrirent leurs cadeaux, puis s'inclinèrent jusqu'à terre devant lui. Joseph leur demanda comment ils allaient, puis il ajouta :

« Et comment va votre vieux père, dont vous m’aviez parlé ? Est-il toujours en vie ?

-Oui, répondirent-ils, ton humble serviteur se porte bien. »

Ils s’inclinèrent à nouveau profondément. Joseph aperçut Benjamin, son propre frère, le fils de sa mère, et dit :

« C’est donc là le jeune frère dont vous m’avez parlé. » Et il ajouta : « Que Dieu te bénisse, mon enfant ! »

Joseph était si ému de voir son frère que les larmes lui vinrent aux yeux. il se retira précipitamment dans sa chambre pour y pleurer. Après s’être lavé le visage il revint. Il domina son émotion et ordonna de servir le repas. Joseph fut servi seul à une table, tandis que ses frères l’étaient à une autre. Les Egyptiens invités chez lui mangèrent aussi à part, car ils ne pouvaient pas partager un repas avec des Hébreux : leur religion l’interdisait. Les frères, installés en face de Joseph, avaient été placés par rang d’âge, de l’aîné au plus jeune. Ils se regardaient les uns les autres avec étonnement. Joseph leur fit servir les plats qui étaient sur sa table. A Benjamin, il fit porter une ration cinq fois plus copieuse que celles de tous ses frères. Ils burent du vin ensemble jusqu’à en être gais.

Joseph met ses frères à l’épreuve

 Plus tard Joseph donna cet ordre à son intendant :

« Remplis les sacs de ces gens, donne-leur autant de vivres qu’ils peuvent en emporter. Remets aussi l’argent de chacun à l’entrée de son sac. Dans le sac du plus jeune tu placeras non seulement la somme qu’il voulait payer mais aussi ma coupe d’argent. »

L’homme exécuta les ordres de Joseph. Le lendemain, dès qu’il fit jour, on laissa les fils de Jacob partir avec leurs ânes. Ils quittèrent la ville, mais ils n’étaient pas encore bien loin quand Joseph dit à son intendant :

« Poursuis ces gens, rattrape-les. Tu leur demanderas : « Pourquoi avez-vous rendu le mal pour le bien ? Pourquoi avez-vous volé la coupe que mon maître utilise pour boire et pratiquer la divination ? C’est mal, ce que vous avez fait là ! »

L’homme rattrapa les frères et leur répéta ces paroles. Les frères répondirent : « Comment pouvez-vous nous accuser ainsi, Monsieur l’Intendant ? Jamais nous n’aurions osé faire une chose pareille ! Nous avions rapporté de Canaan l’argent retrouvé dans nos sacs. Pourquoi aurions-nous donc volé de l’argent ou de l’or dans la maison de votre maître ? Si l’on trouve cette coupe dans les bagages de l’un d’entre nous, eh bien, qu’on le mette à mort ! Et nous deviendrons nous-mêmes vos esclaves.

- Bien, répondit l’homme, je vous prends au mot. Toutefois le coupable seul deviendra mon esclave. Les autres seront libres. »

Les frères déchargèrent rapidement leurs sacs et ouvrirent chacun le sien. L’homme fouilla tous les sacs, en commençant par celui de l’aîné et en finissant par celui du plus jeune. On trouva la coupe dans le sac de Benjamin. Les frères, consternés, déchirèrent leurs vêtements. Chacun rechargea son âne, et ils retournèrent à la ville.

Juda intervient en faveur de Benjamin

Juda et ses frères arrivèrent chez Joseph; il était encore là. Ils se jetèrent à terre devant lui. Joseph leur dit :

« Pourquoi avez-vous fait cela ? Ne savez-vous pas qu’un homme tel que moi a le pouvoir de tout deviner ?

- Que pourrions- nous dire, Monsieur l’Administrateur ? répondit Juda. Que pourrions-nous dire pour prouver notre innocence. Dieu nous a démasqué : nous sommes coupables. Nous serons donc vos esclaves, avec celui qui avait la coupe dans son sac.

- Non, déclara Joseph. il n’est pas question que j’agisse ainsi. Je ne prendrai pour esclave que celui qui avait la coupe. Quant à vous, rentrez tranquillement chez votre père. »Juda s’avança vers Joseph et dit :

« Monsieur l’Administrateur, vous êtes l’égal du Pharaon. Permettez-moi d’ajouter quelques mots, sans provoquer votre colère. La première fois, vous nous avez demandé si nous avions encore notre père, ou un autre frère. Nous avons répondu : « Nous avons encore notre vieux père, ainsi qu’un jeune frère, qui lui est né dans sa vieillesse. Notre père l’aime particulièrement, car c’est le seul enfant qui lui reste de son épouse préférée; l’autre fils est mort. Vous nous avez dit : « Amenez-le moi, je désire le voir. » Nous vous avons expliqué alors que cet enfant ne pouvait pas quitter son père; que, s’il le quittait, le père en mourrait.  Mais vous nous avez déclaré que vous ne nous recevriez plus si notre jeune frère ne venait pas avec nous. Nous sommes donc retournés auprès de notre père, votre humble serviteur, et nous lui avons rapporté ce que vous aviez dit. Lorsqu’il nous a chargés de revenir acheter quelques vivres, nous lui avons dit : « Nous ne pouvons pas y aller, à moins que notre jeune frère nous accompagne. S’il n’est pas avec nous, l’Administrateur du pays ne nous recevra pas. » Notre père nous a répondu :  » Vous le savez bien, mon épouse rachel ne m’a donné que deux fils. L’un d’eux a disparu; je pense qu’il a été dévoré par une bête sauvage, car je ne l’ai jamais revu. Et vous voulez me prendre aussi l’autre ! Si un malheur lui arrive, âgé comme je suis, je mourrai de tristesse par votre faute ! »

« Maintenant donc Monsieur l’Administrateur, comment pourrais-je retourner auprès de mon père sans que l’enfant soit avec nous ? La vie de mon père dépend tellement du sort de cet enfant, qu’il mourra s’il ne voit pas revenir. Nous serons alors coupables de l’avoir fait mourir de douleur dans sa vieillesse. De plus, je me suis déclaré responsable de l’enfant devant mon père; je lui ai dit : « Si je ne te le ramène pas, je serai pour toujours coupable à ton égard. » Je vous en supplie, permettez-moi donc de rester ici comme esclave à votre service, à la place de l’enfant, pour qu’il puisse repartir avec ses autres frères. Je ne pourrai jamais retourner chez mon père sans être accompagné de l’enfant. Je ne supporterais pas de voir le malheurqui atteindrait mon père.

Joseph se fait reconnaître 

Alors, Joseph, incapable de contenir son émotion devant les gens de son entourage, leur ordonna de sortir.

Ainsi Joseph était seul avec ses frères quand il se fit reconnaître d’eux. Mais il pleurait si fort que les Egyptiens l’entendirent, et que la nouvelle en parvint au palais du Pharaon. Joseph dit à ses frères : » C’est moi Joseph ! Mon père est-il encore en vie ? » Mais ses frères furent tellement saisis qu’ils furent incapables de lui répondre.

« Approchez-vous de moi », leur dit-il. Ils s’approchèrent. Joseph reprit : « C’est moi Joseph, votre frère, que vous avez vendu pour être emmené en Egypte. Ne vous tourmentez pas et ne vous faites pas de reproches pour m’avoir vendu ainsi. C’est Dieu qui m’a envoyé ici à l’avance, pour que je puisse vous sauver la vie. Il y a déjà eu deux années de famine dans le pays, mais pendant cinq années encore on ne pourra ni labourer la terre ni récolter les moissons. Dieu m’a donc envoyé dans ce pays avant vous, pour que vous puissiez y avoir des descendants et y survivre; c’est une merveilleuse délivrance. Ce n’est pas vous qui m’avez envoyé ici, mais Dieu. Et c’est encore lui qui a fait de moi le ministre le plus puissant du Pharaon, responsable du palais royal et administrateur de toute l’Egypte. Maintenant dépêchez-vous d’aller dire à mon père : « Voici le message que t’adresse ton fils Joseph : Dieu a fait de moi le maître de toute l’Egypte. Viens chez moi sans tarder. Tu t’installeras dans la région de Gochen avec tes enfants, tes petits-enfants, ton bétail, moutons, chèvres et boeufs, et tous tes biens. Tu seras ainsi tout près de moi. Ici je te fournirai des vivres, pour toi, ta famille et tes troupeaux, afin que vous ne manquiez de rien, car il y aura encore cinq années de famine. »  » Et Joseph ajouta : « Vous voyez bien, et toi en particulier, Benjamin, que c’est moi qui vous parle. Allez donc dire à mon père quelle importante situation j’occupe en Egypte, et racontez lui tout ce que vous avez vu. Ensuite dépêchez-vous de l’amener ici. »

Joseph se jeta au cou de Benjamin, et tous deux s’embrassèrent en pleurant. Joseph pleurait aussi en embrassant ses autres frères. Alors seulement ils osèrent lui parler.

 Le pharaon invite Jacob en Egypte

Au palais royal on apprit que les frères de Joseph étaient arrivés en Egypte. Le Pharaon fut heureux de cette nouvelle, ainsi que ses ministres. Il dit à Joseph : « Dis à tes frères de charger leurs bêtes et de repartir au pays de Canaan, pour aller y chercher leur père et leurs familles et pour les ramener ici. Je les installerai dans la region la plus prospère d’Egypte, où ils disposeront des meilleurs produits du pays. Tu diras aussi à tes frères de se procurer ici des chariots pour ramener leurs femmes et leurs enfants, ainsi que leur père. Ils ne doivent pas regretter ce qu’ils laisseront là-bas, car ils viendront s’installer dans la région la plus prospère de l’Egypte. »

Les fils de Jacob firent ce qu’on leur proposait. Joseph leur fournit des chariots, selon l’ordre du Pharaon, ainsi que des provisions de route. Il fit cadeau d’un habit de fête à chacun d’eux, mais à Benjamin il en donna cinq, ainsi que trois cent pièces d’argent. En outre il envoya à son père, pour le voyage, dix ânes chargés des meilleurs produits d’Egypte et dix ânesses chargées de blé, de pain et d’autre nourriture. Il recommanda à ses frères de ne pas se disputer en cours de route, puis les laissa partir.

Ils quittèrent l’Egypte, gagnèrent le pays de Canaan et arrivèrent auprès de leur père Jacob. ils lui annoncèrent : « Joseph est toujours en vie ! Il est même administrateur de toute l’Egypte. » Jacob ne réagit pas, car il ne les croyait pas. Mais ils lui rapportèrent tout ce que Joseph leur avait dit, ils lui montrèrent les chariots que son fils avait envoyés pour le voyage. Alors Jacob se ranima. Il déclara : « Je n’en demùande pas plus. Mon fils Joseph est toujours en vie. je veux aller le revoir avant de mourir. »

Jacob se rend en Egypte

Jacob se mit en route avec tout ce qui lui appartenait. Lorsqu’il arriva à Berchéba, il offrit des sacrifices au Dieu de son père Isaac. Cette nuit-là, Dieu lui parla dans une vision. Il l’appela : « Jacob ! Jacob ! »

-Oui, je t’écoute », répondit Jacob.

Dieu reprit : « Je suis Dieu, le Dieu de ton père. N’aie pas peur de te rendre en Egypte, car j’y ferai de tes descendants un peuple nombreux. Je t’y accompagnerai moi-même, et je t’en ferai aussi revenir. A ta mort, c’est Joseph qui te fermera les yeux. »

Jacob quitta donc Berchéba. Ses fils l’installèrent, avec leurs femmes et leurs enfants, dans les chariots que le Pharaon avait fournis pour le voyage. Ils emmenèrent également leurs troupeaux et tous les biens qu’ils avaient acquis au pays de Canaan, et ils arrivèrent en Egypte. C’est ainsi que Jacob se rendit en Egypte avec tous les siens, fils et filles, petits-fils et petites filles.

 La famille de Jacob

Voici les noms des Israélites venus en Egypte, à savoir Jacob, ses fils et petits-fils :

Ruben, fils aîné de Jacob, et ses fils Hanok, Pallou, Hesron et Karmi.

Siméon et ses fils Yemouel, Yamin, Ohad, Yakin, Sohar et Chaoul, lequel était fils d’une Cananéenne.

Lévi et ses fils Guerchon, Quéhat et Merari.

Juda et ses fils Chéla, Pérès et Zéra. Les autres fils de Juda, Er et Onan étaient morts au pays de Canaan. Pérès avait deux fils, Hesron et Hamoul.

Issakar et ses fils Tola, Pouva, Yachoub et Chimron.

Zabulon et ses fils Séred, Elon et Yaléel.

Il s’agit des fils de Léa et de Jacob, nés en Mésopotamie. Il fayt y ajouter leur soeur Dina. Avec leurs propres enfants, ils étaient trente-trois en tout.

Gad et ses fils Sifion, Hagui, Chouni, Esbon, Eri, Arodi et Aréli.

Asser et ses fils Imna, Icheva, Ichevi et Beria, ainsi que leur soeur Séra. Beria avait deux fils, Héber et Malkiel.

Ce sont là les seize descendants de Jacob et de Zilpa. Laban avait donné celle-ci comme servante à sa fille Léa.

Rachel, femme de Jacob, lui donna deux fils : Joseph et Benjamin. En Egypte, Joseph eut deux fils de son épouse Asnat, fille de Potiféra, prêtre de la ville d’On : Manassé et Efraïm. Benjamin eut dix fils : Béla, Béker, Achebel, Guéra, Naaman, Ehi, Rôch, Houppim, Mouppim et Arde. Ce sont là les quatorze descendants de Jacob et de Rachel.

Dan et son fils Houchim.

Neftali et ses fils Yassiel, Gouni, Yesser et Chillem.

Ce sont là les sept descendants de Jacob et de Bila. Laban avait donné celle-ci comme servante à sa fille Rachel.

Les membres de la famille de Jacob, ses descendants directs qui se rendirent en Egypte étaient soixante six en tout. Il y avait en plus les femmes de ses fils. Avec les deux fils de Joseph nés en Egypte, le total des membres de la famille de Jacob qui s’installèrent dans ce pays était de soixante-dix.

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Par tingoha
Le 16 mars, 2010
A 15:44
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